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AES : comment fonctionne le chiffrement symétrique

En France, l'ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) publie ses propres référentiels cryptographiques — notamment le RGS (Référentiel Général de Sécurité) — qui recommandent explicitement AES avec une clé d'au moins 128 bits, et AES-256 pour les données les plus sensibles, dans les systèmes de l'administration et des opérateurs d'importance vitale.

Pourquoi l'État français recommande un algorithme, plutôt que d'en imposer un

Contrairement à certains pays qui exigent un algorithme national homologué, la France s'appuie sur AES comme standard international déjà validé par la communauté cryptographique mondiale, tout en imposant ses propres règles sur la longueur de clé, la gestion des clés et les modes d'utilisation via le RGS. C'est une approche de conformité par les paramètres plutôt que par le choix de l'algorithme lui-même.

Modes de fonctionnement : CBC contre GCM

AES chiffre les données par blocs de taille fixe, donc le mode de fonctionnement détermine comment ces blocs sont liés entre eux. CBC (Cipher Block Chaining) enchaîne chaque bloc au précédent, garantissant la confidentialité mais sans vérifier l'intégrité des données. GCM (Galois/Counter Mode) ajoute l'authentification, c'est-à-dire qu'il chiffre les données tout en garantissant qu'elles n'ont pas été altérées — c'est le mode recommandé par l'ANSSI pour les nouveaux déploiements.

Pourquoi un vecteur d'initialisation (IV) est nécessaire

Si on chiffre les mêmes données avec la même clé sans variation supplémentaire, le résultat sera toujours identique — ce qui fuite des informations sur les blocs répétés. Le vecteur d'initialisation est une valeur aléatoire unique ajoutée à chaque opération de chiffrement, garantissant un résultat différent même pour des données d'entrée identiques et la même clé.

Pourquoi c'est utile

  • Chiffrer des données sensibles avant leur stockage ou leur transmission sur le réseau.
  • Justifier, lors d'un audit RGS ou RGPD, quel algorithme protège les données au repos.
  • Diagnostiquer des problèmes de compatibilité lors du déchiffrement de données chiffrées par un autre système.

AES-128 contre AES-256 : une clé plus longue est-elle nécessaire

Intuitivement, une clé deux fois plus longue semble offrir une protection deux fois meilleure, mais en pratique AES-128 est encore aujourd'hui considéré comme cryptographiquement sûr. AES-256 offre une marge de sécurité supplémentaire en cas de percée théorique future (notamment l'informatique quantique), mais coûte un peu plus cher en calcul : le choix entre les deux est donc un compromis entre performance et marge de sécurité, pas « sûr contre dangereux ».

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